Placé en famille d’accueil dès l’âge de 2 ans, puis en foyer à 8 ans, l’enfance de Yazid Ichemrahen se construit loin de ses parents biologiques, dans un univers où l’instabilité est la norme et où l’avenir semble s’écrire en pointillé. C’est pourtant dans ce cadre heurté que va naître, presque par accident, une vocation de pâtissier qui deviendra, au fil des années, un véritable projet de vie.

UNE ENFANCE CABOSSÉE

Retiré très tôt à sa mère et confié à une famille d’accueil, celui qu’il appelle « tatie et tonton » découvre, dans la cuisine du pavillon familial, la chaleur rassurante des gâteaux au yaourt et des desserts maison. À l’âge où d’autres jouent dans la cour de récréation, il comprend déjà que la pâtisserie peut offrir un refuge, une manière de capter l’attention et de se rendre enfin visible aux yeux des adultes.​

Lorsque sa famille d’accueil prend sa retraite, vers ses 9 ans, le jeune garçon rejoint un foyer pour enfants, un monde plus rugueux où les perspectives semblent se réduire à vue d’œil. C’est là, dans cet environnement contraint, qu’il se tourne résolument vers l’apprentissage, faisant du laboratoire de pâtisserie son échappatoire et sa première scène.​

LA PÂTISSERIE COMME BOUSSOLE

La trajectoire pâtissière de Yazid Ichemrahen s’esquisse autour de 13 ans et ne déviera plus. La cuisine devient un langage et une discipline, un moyen d’échapper à un quotidien marqué par le manque d’affection, de reconnaissance et de perspectives.​

Ce combat intime, il le racontera plus tard dans son autobiographie « Créer pour survivre, vivre pour ne pas sombrer » et dans le film « À la belle étoile », dont il est co-producteur. Livre et long-métrage dressent le portrait d’un enfant des foyers qui s’arrime à la pâtisserie pour déjouer les déterminismes sociaux et transformer la survie en projet.​

DES FIGURES TUTÉLAIRES

Sur son chemin, plusieurs figures paternelles viennent structurer ce parcours instable. Pascal Caffet, Meilleur Ouvrier de France et champion du monde de pâtisserie, repère son potentiel et l’initie à une exigence de tous les instants. À Paris, Angelo Musa l’accueille comme commis à la Pâtisserie des Rêves, où il apprivoise le sens du détail et de la précision.

Puis, à Monaco, Joël Robuchon lui ouvre les portes du Métropole, plongeant le jeune chef dans l’univers très codifié de la haute gastronomie. Chaque étape consolide une légitimité conquise à la force du poignet, chaque mentor resserre le lien entre un enfant longtemps balloté et un adulte en train de se construire.​

DE LA COMPÉTITION AU TITRE MONDIAL

Au fil des maisons, Yazid Ichemrahen affine sa technique, gagne en assurance et se frotte à la compétition. Cette montée en puissance trouve son point culminant à 22 ans, lorsqu’il décroche la Coupe du monde des desserts glacés.​ Ce sacre le propulse au rang de plus jeune champion du monde tous concours confondus en pâtisserie, symbole d’une revanche sociale autant que professionnelle. Pour lui, ce titre marque aussi une forme de rupture avec les blessures de l’enfance, comme si la rigueur du concours permettait, un instant, de tenir à distance le chaos originel.​

UN ENTREPRENEUR SOUS LA MÊME ÉTOILE

Derrière le pâtissier, l’entrepreneur s’affirme rapidement. Yazid Ichemrahen dirige aujourd’hui trois entreprises – YCONE, YTIME et AT HOME – et a multiplié les implantations à l’international.​

À Paris, son restaurant AT HOME PARIS, ouvert le 8 septembre 2025 au 44, rue Croix des Petits Champs, dans le 1er arrondissement, incarne cette maturité nouvelle.

Yazid est suivi sur Instagram par plus de 2 millions de personnes